Une excursion dans le pays dogon, ça commence par la recherche d'un bon guide, les traditionnelles et fatiguantes discussions pour négocier les prix (guide, 4x4, bouffe, noix de cola pour les anciens, taxe des villages, hébergement). Une fois tout cela d'accompli, il reste encore à affronter 11h de bus.
Mon guide s'appele donc Dolo, et oui le même que pour Farako, il est dogon, animiste, habite Sangha. Nous arrivons à minuit à la gare routière de Sevaré (tout proche de Mopti). La gare est très glauque, on prend juste le temps de manger un sandwich à l'omelette, et on cherche un taxi pour Bandiagara. Forcément toubab que je suis, à minuit, je ne passe pas inaperçu, et ils expliquent à mon guide que le taxi brousse ne part que si je paie toutes les places. Donc au final, Dolo gère la situation pour qu'on dorme à Sevaré (plus sûr) et qu'on parte demain dans le premier taxi brousse.
Lundi matin, 6h, debout pour prendre le premier taxi-brousse, qui ne partira qu'à 8h, les aléas du taxi-brousse. C'est parti pour la capitale du pays Dogon, Bandiagara, à 20 dans une fourgonnette pendant une heure. Arrivé, juste le temps de monter dans un 4x4, acheter une bouteille d'eau et c'est reparti pour de bon cette fois, enfin "libre comme le vent dans le désert".
On visite un premier village dogon, Djiguibombo, où Dolo m'explique comment s'organise un village Dogon. Il y a 3 quartiers : un musulman, un animiste, un catholique. Les musulmans ont leur mosquée, les catholiques leur église, et les animistes rien du tout, ils se contentent de faire la fête... Et quand ils font la fête, ils appelent ça faire le "boulo", ça à l'air sympa d'être animiste... On trouve également dans tous villages dogon, l'habitation du chef du village, obligatoirement différente des autres maisons, des greniers pour les hommes, des greniers pour les femmes où on y mets tout un tas de choses (mil, bijoux, etc...), des cases à palabres (ou toguna) pour le réglement de tout conflit (attention à la tête). Il y a également beaucoup de croyances et des lieux interdits aux femmes, d'autres aux hommes, d'autres aux 2. Enfin toute visite de village se ponctue par une invitation à la boutique du village, toujours "pour le plaisir des yeux"...
On part ensuite à pied jusqu'à Kani-Kombolé (6km de marche), et les beaux paysages maliens (brousse, désert, et falaises) commencent à s'ouvrir à moi, enfin !!! A Kani-Kombolé, on trouve la première installation des Tellem (habitants des falaises, après les pygmées, et avant les dogons par lesquels ils furent chassés), on y trouve également notre première pause repas, ce qui n'est pas désagréable. Ensuite nous partons pour Teli (3km), où nous passerons la nuit. Le soir, on rencontre des autres touristes comme moi, notamment un jeune italien, étudiant en anthropologie, qui vadrouille dans le mali depuis un mois. Il cherche à mettre en place un bizness Italie-Maroc-Mali. Je découvre aussi les écoles coraniques où les enfants récitent jour comme nuit le coran pour devenir un jour marabout. |
Mercredi, nous partons pour Begnimato, il faut remonter les falaises que nous avions descendus. La distance est courte, nous arrivons donc rapidement dans ce petit village niché en haut des falaises, le cadre est magnifique. Pour ce dernier jour, Dolo commande des pigeons et de la bière de mil pour le soir au célèbre chasseur-brasseur du village. Puis nous partons pour la plus belle balade de ces 3 jours. Nous contemplons un paysage magnifique du haut des falaises... enfin bon, si j'avais eu un appareil photo, j'aurais pu vous montrer... Ceci dit le parcours n'est pas destiné à tous, car il est un peu sportif et escarpé. Petite déception, tout de meme, je n'aurai pas vu une seule bestiole sauvage, que ça soit fauve, insecte ou serpent, rien de rien... Le soir à Begnimato, il y a tellement de touristes que le village improvise une petite fête. J'avoue que le froid et le caractère un peu burlesque de la situation ont raison de mes dernières forces.
Jeudi matin, départ tranquille pour attraper le 4x4 (qui se revelera etre une R19), afin de rejoindre Bandiagara. A midi, on part de Bandiagara avec le pire taxi-brousse, à 10 dans un break, on met 2 heures pour parcourir 45 km, avec 5 fois la peur que la voiture ne redemmarera jamais. A 15h, on part de Sevaré en bus, et rebelote pour 11h de bus. J'arrive à l'IOTA, il est 3h30... Un grand merci à mon compagnon d'aventure Dolo.
4 commentaires:
Mat l'aventurier, dommage pour ton appareil, mais les plus belles images sont celles qu'on garde dans la tête.
Dommage pour les photos que tu aurais pu prendre, ceci dit nous étions entrain de nous demander ce que l'on allait t'offrir pour Noel et bien nous avons trouvé. J'espère que tu vas en trouver un de bonne fortune pour continuer ton séjour. Sommes heureux d'avoir un peu de tes nouvelles. Est ce que tu as une adresse skype là bas pour essayer de vous joindre pour Noel. Bisous à tous les trois
Maman Papa
avons hate de visiter nous aussi le pays Dogon, essayerons de ne pas casser notre appareil. Bonne fête de Noel à tous les trois bisous joelle
Nous avons attendue 15 jours pour avoir le récit du pays Dogon mais l'attente vaut le coup, mat l'aventurier nous fais réver!
Enregistrer un commentaire